Africa Public Record

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25 août 2026

Afrique du Sud : 33,6% de chômage au T2 2026, une crise qui s'aggrave

8,5 millions de sans-emploi et un secteur minier en recul plombent l'économie sud-africaine.

8,5 millions de chômeurs au deuxième trimestre 2026 : l'Afrique du Sud face à une crise structurelle profonde Le taux de chômage officiel en Afrique du Sud a atteint 33,6% au deuxième trimestre 2026, contre 32,7% au trimestre précédent. C'est Frederick Mitchell, économiste en chef chez Aluma Capital, qui cite ces données, et le tableau qu'il en dresse est sombre. Quelque 345 000 personnes supplémentaires ont rejoint les rangs des sans-emploi durant cette période. Le nombre de postes occupés a reculé de 16 000, laissant 16,7 millions de personnes en activité. Chez les jeunes, la situation est plus alarmante encore : le chômage y atteint 47,4%. Mitchell qualifie la situation de "crise structurelle profonde". Il précise que la baisse de l'inflation à 4,3% en juillet offre une marge de manoeuvre à la Banque de réserve sur les taux d'intérêt, mais ne règle pas les problèmes de fond. Ses mots sont directs : "le seul répit monétaire ne peut pas compenser les vents contraires sévères dans l'économie réelle, où les secteurs miniers et manufacturiers à forte intensité de main-d'oeuvre se contractent et où l'investissement reste déprimé." L'industrie minière et le secteur manufacturier ont tous deux supprimé des emplois au cours du trimestre. La production manufacturière a reculé de 1,5% par rapport au premier trimestre, tandis que la production minière a chuté de 2,7%. Les métaux du groupe platine, le charbon et le minerai de fer ont enregistré des baisses de production. À ces tensions internes s'ajoutent des pressions venues de l'extérieur. Les exportations sud-africaines vers les États-Unis ont chuté de 56% en rythme annualisé sous l'effet des droits de douane. Les États-Unis représentaient 7,1% des exportations totales de l'Afrique du Sud en 2025, contre 7,7% en 2024, et les multinationales américaines soutiennent directement et indirectement quelque 400 000 moyens de subsistance dans le pays. L'African Growth and Opportunity Act a été prolongé jusqu'en décembre 2028, mais l'éligibilité de chaque pays reste soumise à un examen annuel discrétionnaire du gouvernement américain, ce qui maintient une incertitude durable sur les perspectives commerciales. Du côté de l'investissement, le président Cyril Ramaphosa a indiqué en mai que l'investissement fixe ne représentait que 15% du PIB. Lors de la Conférence sud-africaine sur l'investissement de 2026, les engagements ont atteint 889,8 milliards de rands, avec un objectif de mobiliser 3 000 milliards de rands d'ici 2030 (un chiffre ambitieux au regard du niveau actuel d'investissement). La Banque de réserve prévoit un ralentissement de la croissance aux deuxième et troisième trimestres, invoquant une confiance affaiblie des consommateurs et des entreprises ainsi qu'une baisse des prix des matières premières à l'exportation. La question qui reste ouverte est de savoir si les engagements pris lors de la conférence sur l'investissement se traduiront en créations d'emplois avant que le marché du travail ne se dégrade davantage.