Africa Public Record

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4 septembre 2026

Automobile sud-africaine : records d'exportation, mais les capitaux hésitent à s'engager

Les exportations battent des records, mais l'instabilité politique freine les décisions d'investissement manufacturier.

Avec 291 milliards de rands d'exportations de véhicules et de composants, l'industrie automobile sud-africaine a établi un record historique. Pourtant, Neale Hill, président de Ford Motor Company Africa, lance un avertissement sans détour : l'incertitude politique érode la confiance des investisseurs au moment précis où des décisions d'allocation de capitaux sont prises. Hill a formulé cet avertissement dans un entretien accordé à Daily Maverick. L'Afrique du Sud, selon lui, concourt pour les investissements manufacturiers face à la Thaïlande, l'Argentine, l'Amérique du Nord et le Maroc. Les investisseurs n'allouent leurs capitaux qu'en fonction du mérite économique. La compétition est réelle, immédiate et sans sentiment. En 2025, le secteur automobile a généré 137 milliards de rands de valeur ajoutée locale auditée et soutenu 270,8 milliards de rands d'exportations. Ces chiffres restent solides sur le papier. Hill cible directement le régime des marchés publics de l'État. Le gouvernement est le plus grand opérateur de flotte du pays, mais son cadre d'achat de véhicules accorde un poids de 90 % au prix, de 5 % à la production locale et de 5 % à la conformité BBBEE. Les fabricants sont pourtant tenus de maintenir une localisation poussée et un statut BBBEE de niveau 4, une contradiction structurelle que le secteur supporte depuis des années. La fermeture de l'usine Goodyear à Kariega illustre concrètement le coût de cette incohérence. Hill attribue la décision du fabricant de pneumatiques à l'échec du gouvernement à protéger les producteurs nationaux contre les pneumatiques bon marché importés de Chine et d'Inde. Sur le front commercial, le Sénat américain a prolongé le traité AGOA jusqu'au 31 décembre 2028, le 8 août 2026. Cette mesure n'a pas suffi. Les droits de douane de 25 % imposés par l'administration Trump ont écrasé la concession tarifaire de 2,5 % prévue par l'AGOA, rendant l'avantage commercial quasiment théorique. Les exportations de véhicules sud-africains vers les États-Unis ont chuté de 83,2 %, passant de 24 682 unités en 2024 à 4 136 unités en 2025. Une chute brutale, en l'espace d'une seule année. Par contraste, l'adoption des règles d'origine automobiles de la ZLECAf en février a ouvert des perspectives d'intégration régionale plus encourageantes. En 2025, 85,1 % des exportations sud-africaines de véhicules et de composants étaient destinées à la région SADC, ce qui témoigne d'un pivot progressif vers les marchés africains. L'emploi subit la pression. En juin 2026, l'emploi total dans l'industrie s'établissait à 31 675 postes, soit une perte nette de 230 emplois manufacturiers en un seul trimestre. Chaque trimestre d'attente a un coût humain mesurable. Les négociations sur la phase 2 du Programme de production et de développement automobile (APDP2) avec le Département du commerce, de l'industrie et de la concurrence se poursuivent sans résolution depuis 2024. Hill a été explicite : "We shouldn't be in discussion phase two years later... we've wasted 24 months." Vingt-quatre mois pendant lesquels des concurrents comme le Maroc et la Thaïlande ont continué à consolider leur attractivité auprès des mêmes investisseurs que l'Afrique du Sud cherche à convaincre. La question qui plane sur le secteur est simple : les négociations sur l'APDP2 aboutiront-elles avant que les prochaines décisions d'investissement du cycle de production ne soient arrêtées ailleurs ?