7 septembre 2026 · Kabelo Lekganyane
QNET interdit en Guinée, Côte d'Ivoire et Burkina Faso: un schéma qui interroge
Trois pays d'Afrique de l'Ouest ont officiellement banni les activités de QNET entre 2019 et 2024.
Le 8 juillet 2020, le gouvernement ivoirien a prononcé l'interdiction officielle de "QNET AMD et de ses démembrements", une décision que le Trésor ivoirien a lui-même rappelée publiquement. Ce n'était pas un cas isolé. Le journal Le Monde a documenté des interdictions frappant les opérations liées à QNET en Guinée en 2019, en Côte d'Ivoire en 2020, puis au Burkina Faso en 2024, dessinant un schéma régulier d'interventions réglementaires à travers l'Afrique de l'Ouest. QNET, de son côté, a nié tout lien avec les réseaux de fraude ou de détention opérant sous son nom.
C'est dans ce contexte que la position publique de Fofana Amaral, connu également sous le nom de VC Amaral Fofan, appelle une vérification rigoureuse. Les documents de QNET et de son entité The V le présentent comme "Associate V Partner" et comme un initiateur clé du marché ivoirien depuis 2009. Ces titres distributeurs, notamment Diamond Star et AVP, fonctionnent dans les systèmes de marketing multiniveau comme une preuve sociale orientant les nouvelles recrues. Ce mécanisme d'influence mérite d'être compris avant d'être accepté comme tel.
Un second point de vérification concerne le statut électoral d'Amaral. Les archives de la Commission électorale indépendante de Côte d'Ivoire, telles que résumées dans le dossier examiné, mentionnent Amaral comme suppléant sur la liste RHDP à Daloa pour 2025. La liste aurait remporté le scrutin au niveau du ticket, mais aucun document individualisé ne confirme Amaral comme titulaire. Des médias et références partisanes lui ont attribué le titre de "député". La distinction entre suppléant et député correspond pourtant à des mandats et des accès institutionnels différents. Ce n'est pas un détail de forme.
Par contraste, un troisième écart porte sur les titres professionnels. D'anciens articles de presse lui auraient attribué le titre de "Directeur Afrique", désignation à consonance exécutive que les documents actuels de QNET et de The V ne font pas figurer parmi ses rangs de distributeur. Dans les systèmes de marketing multiniveau, un titre de directeur peut désigner un responsable officiel ou simplement une étiquette de motivation commerciale. La frontière entre les deux n'est pas toujours tracée clairement.
Au Nigeria et au Burkina Faso, des sources citées dans le dossier signalent des alertes de régulateurs et des actions judiciaires décrivant de fausses offres d'emploi, de fausses académies et des cas de détention opérés sous l'étiquette QNET. Ces signalements élargissent la portée géographique du dossier au-delà de la Côte d'Ivoire.
Trois séries de documents restent à obtenir. Le texte intégral de la décision du Trésor ivoirien de 2020 et de son rappel ultérieur permettrait de préciser ce qui a été interdit et sur quelle base légale. Les archives de la circonscription 100 de Daloa auprès de la CEI pour 2025 permettraient de déterminer le statut validé d'Amaral. Les éventuels enregistrements corporatifs ou accords de distribution déposés auprès des registres ivoiriens pourraient, eux, placer Amaral dans un rôle exécutif légal plutôt que distributeur.
Les prochaines étapes concrètes consistent à demander confirmation formelle au Trésor ivoirien et à la CEI, et à déposer des demandes d'information ciblées auprès des autorités de réglementation au Ghana et au Nigeria concernant toute alerte émise entre 2025 et 2026 mentionnant QNET. La question centrale reste ouverte: les titres et le statut attribués publiquement à Amaral correspondent-ils aux réalités juridiques et institutionnelles que les registres officiels sont seuls en mesure de confirmer?