Africa Public Record

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27 août 2026

Surtaxés par Washington, Pretoria et Brasília scellent un pacte économique commun

Frappés par les tarifs américains, les deux pays BRICS renforcent leurs échanges bilatéraux lors d'une session commune à Pretoria.

Un tarif douanier de 30 pour cent, le plus élevé imposé à toute nation africaine par Washington, pèse désormais sur les exportations sud-africaines vers les États-Unis. Le Brésil n'est pas épargné : depuis juillet 2026, 25 pour cent de droits frappent la majorité de ses marchandises à destination du marché américain. Ces pressions convergentes ont conduit les deux pays à formaliser, mercredi à Pretoria, une coopération renforcée lors de la huitième session de la Commission mixte Afrique du Sud-Brésil. La réunion était coprésidée par le ministre sud-africain des relations internationales Ronald Lamola et son homologue brésilien Mauro Vieira. Ensemble, ils ont passé en revue les accords existants et recensé les secteurs ouverts à une collaboration élargie, notamment le commerce, les minéraux critiques, l'industrie manufacturière et la technologie. Les chiffres donnent la mesure de la relation. Les échanges bilatéraux ont atteint environ deux milliards de dollars en 2025, faisant du Brésil le premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud en Amérique latine et le deuxième dans l'ensemble des Amériques. Une mission commerciale brésilienne multisectorielle est déjà arrivée en Afrique du Sud pour repérer des opportunités d'intégration concrètes. Les minéraux critiques occupent le coeur du partenariat. La demande mondiale en minéraux liés à la transition énergétique devrait quadrupler d'ici 2040. Lamola a déclaré que les deux pays disposent d'une occasion importante de coopérer pour éviter de reproduire les anciens schémas d'extraction, où les nations du Sud fournissent des matières premières tandis que la richesse est générée ailleurs. La sécurité sanitaire figure aussi parmi les priorités. Vieira a rappelé que les deux pays ont vécu directement les conséquences de chaînes d'approvisionnement fragiles pendant la pandémie de Covid-19, et que Brasilia est prêt à approfondir la coopération en matière de production de vaccins et de technologies de santé. Par contraste, des tensions commerciales non résolues ternissent le tableau. Pretoria accuse le Brésil de dumping sur la volaille congelée et identifie Brasilia parmi les pays dont les subventions sucrières nuisent à son industrie domestique. Des sources au sein du département sud-africain des relations internationales, citées sous couvert d'anonymat, indiquent que ces griefs n'ont pas été abordés lors des discussions de mercredi. La mise en oeuvre des conclusions de la Commission mixte constituera la prochaine étape concrète (les résultats sont consultables à l'adresse https://www.businessday.co.za/news/2026-08-27-tariff-pressures-drive-south-africa-and-brazil-into-economic-alliance/). Reste à savoir si les deux capitales parviendront à régler leurs contentieux agricoles avant que ces frictions ne compromettent l'élan diplomatique engagé à Pretoria.