28 août 2026 · Kabelo Lekganyane
Un Africain sur quatre d'ici 2050 : convertir la démographie en moteur économique
L'Afrique, dont la population atteindra un quart de l'humanité en 2050, cherche des investisseurs, pas des donateurs.
D'ici 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine. Ce chiffre, cité lors d'une rencontre organisée par Africa Rising Global à Dubaï, résume à lui seul l'ampleur du pari que s'est fixé cette société spécialisée dans l'accès aux marchés africains: convertir un potentiel démographique colossal en résultats économiques concrets.
Andre Nzapayeke, prenant la parole au nom d'un groupe de chefs de missions diplomatiques africaines en Afrique du Sud, a dressé un tableau de progrès déjà engagés. Infrastructures, aéroports, grands ponts, transformation numérique, développement du capital humain: autant de preuves tangibles, selon lui, que le continent bouge. Il a aussi signalé la participation croissante des femmes dans les secteurs des affaires, du gouvernement et des professions. Ce vaste bassin démographique implique un marché de consommation en expansion et une main-d'oeuvre jeune. Nzapayeke a été direct: l'Afrique a besoin de transferts de technologie, de co-création, d'investissements à long terme et de renforcement des chaînes de valeur, et non de l'aide traditionnelle.
Le message a résonné du côté sud-africain également.
L'ambassadrice Maud Dlomo, directrice générale adjointe pour les Amériques et l'Europe au Département des relations internationales et de la coopération, a mis l'accent sur un angle souvent négligé: les zones rurales et la jeunesse qui vit en dehors des grands centres urbains. Des programmes visant à fournir des ordinateurs et des ressources numériques aux écoles sont déjà en cours dans ce cadre.
Jacques Baril, président d'Africa Rising Global et du Africa Caribbean Business Forum, ancien ambassadeur d'Haïti en Afrique du Sud et ancien doyen de la Communauté des Caraïbes, a formulé la mission de l'organisation en termes simples: passer "de la théorie à la livraison". Trois mots qui condensent une ambition opérationnelle revendiquée.
Sur le plan sectoriel, Africa Rising Global a ciblé le textile et l'habillement comme une opportunité compétitive de premier plan. Les partenariats sont déjà établis dans quatre pays. Le Lesotho compte environ 40 usines textiles. Le Kenya dispose d'une capacité intégrée verticalement et d'un accès stratégique au port de Mombasa. Madagascar apporte une main-d'oeuvre textile importante (ce qui en fait un maillon central de la chaîne de production régionale). Maurice, pour sa part, se spécialise dans la fabrication haut de gamme.
Le cadre opérationnel de l'organisation repose sur l'approvisionnement éthique, des pratiques de travail équitables et la durabilité, avec des audits d'usines et une représentation locale dans chaque pays partenaire.
La question qui demeure ouverte est de savoir si ce modèle, qui place la jeunesse rurale et les travailleurs de l'industrie au coeur de la stratégie, sera capable de s'étendre au-delà des quatre pays partenaires actuels au rythme qu'exige la croissance démographique à venir.